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Pourquoi la nature nous rend plus créatifs

« Le mariage de l’âme avec la nature rend l’esprit fécond et donne naissance à l’imagination »

Henry David Thoreau (écrivain et philosophe américain, 1817-1862)

 

Il y a des citations qui nous touchent immédiatement et nous donnent l’envie de sortir : fermer l’ordinateur portable, enfiler ses baskets, descendre les escaliers, inspirer et expirer, écouter les oiseaux et observer avec attention tout ce qui pousse déjà dans le parc.

 

Mais pourquoi en est-il ainsi ? Pourquoi la nature stimule-t-elle notre imagination ? Pourquoi semblons-nous devenir plus créatifs et plus concentrés dans la nature ? Et n’est-on pas plus concentré lorsqu’on travaille à l’intérieur, sans être distrait par les écureuils, les pigeons ramiers et les rapaces tournoyant dans le ciel ?

 

Premier livre sur ma table de chevet : « L’effet biophilie » du biologiste et auteur Clemens G. Arvay (1980-2023). J’y apprends que, selon William James, psychologue américain influent et cofondateur de la psychologie scientifique (1842–1910), il existe deux formes d’attention : l’attention volontaire et l’attention involontaire.

 

Dès 1890, dans son ouvrage The Principles of Psychology, William James décrit l’attention comme « la saisie par l’esprit, sous une forme claire et vivante, d’un objet ou d’une pensée parmi plusieurs possibles simultanément ». En d’autres termes : notre esprit est constamment submergé par de nombreuses impressions et l’attention consiste à en sélectionner une.

 

L’attention peut être « volontaire » ou « involontaire ». Volontaire signifie que nous dirigeons délibérément notre attention vers quelque chose, même si cela n’est pas automatiquement intéressant, par exemple : réviser pour un examen, lire un texte difficile, répondre à des e-mails. Elle est le résultat d’une décision consciente : par exemple, je décide consciemment en ce moment même de me concentrer sur la rédaction de ce texte, bien que le soleil brille et que le parc m’appelle. Cette forme d’attention est fatigante, demande de l’énergie mentale et est limitée.

 

À l’opposé, il y a l’attention involontaire, qui se produit automatiquement. Par exemple, lorsque nous sommes assis tranquillement en train de lire un livre. Soudain, quelque chose tombe bruyamment par terre dehors. Sans le vouloir, nous tournons immédiatement notre attention vers ce bruit.

 

Dans la nature, c’est précisément cette forme d’attention involontaire qui est favorisée. Il existe de nombreux stimuli naturels qui attirent automatiquement notre attention, mais d’une manière plutôt douce et agréable. Des stimuli naturels tels que les feuilles qui bougent au gré du vent, l’eau qui coule, le chant des oiseaux, attirent notre attention de manière involontaire, sans la surcharger. C’est ce qu’on appelle souvent la « fascination douce ».

 

Parfois, cette fascination s’intensifie jusqu’à devenir un sentiment du sublime, et nous nous sentons submergés par la beauté des montagnes, la force des océans, l’infini du ciel étoilé. Dans le documentaire de Vincent Munier, « Le murmure des forêts » (2025), par exemple, nous ne cessons de nous émerveiller. Trois hommes de trois générations, un grand-père, son fils et son petit-fils, regardent les nuages filer à toute allure au-dessus des cimes des épicéas, tels des fantômes pressés, tandis que dans la brume, chevreuils et cerfs traversent un lac tels des créatures mystérieuses. Ils écoutent le chant des oiseaux et les bruits des arbres. Le murmure de la forêt se transforme en symphonie et nous l’écoutons, profondément concentrés et détendus. 

 

Mais ce n’est pas tout. Rachel Kaplan et Stephan Kaplan, deux psychologues américains, ont découvert dans leur « théorie de la restauration de l’attention » (Attention Restoration Theory) que c’est précisément cette fascination pour la nature qui nous fait du bien. Cette attention involontaire ou fascination ne demande aucun effort et est donc reposante pour l’esprit. Elle nous aide à restaurer notre capacité d’attention volontaire. Selon Kaplan, la nature n’est donc pas seulement « belle », mais présente également des avantages cognitifs mesurables. Par exemple :

•    une meilleure concentration

•    moins de fatigue mentale

•    une créativité renforcée.

 

« La nature a généralement un effet relaxant, car elle ne nécessite pas de concentration et permet aux pensées de vagabonder. Cela permet à l’attention de se régénérer », écrit ma merveilleuse formatrice Katja Dienemann dans son script pour ma « formation continue de coach nature intégratif ».

 

C’est sans doute pour cela que les écureuils, les pigeons ramiers et les rapaces que j’ai observés ce matin dans le parc ne m’ont pas distraite, mais m’ont au contraire aidée à rédiger ce premier article de blog. 

 

A présent, je suis curieuse : racontez-moi vos expériences avec la nature et les moments où elle vous a aidés à être plus concentrés et plus créatifs.

 
 
 

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